TRUMP ET L’ETAT PALESTINIEN

upa-admin 29 Aralık 2016 543 Okunma 0
TRUMP ET L’ETAT PALESTINIEN

La victoire de Trump a constitué un vrai choc, non seulement pour les décideurs dans chaque capitale sur cette planète, mais aussi pour les experts et les observateurs qui ne voyaient qu’un triomphe fulgurant pour les démocrates et Hilary Clinton. Peu de temps après sa victoire, les déclarations fusent dans les corridors médiatiques et politiques et Donald Trump lui-même s’empresse d’annoncer sa volonté de rencontrer le Premier ministre israélien Netanyahu. Beaucoup d’officiels israéliens n’hésitent pas à annoncer que l’ère de Trump sera un âge d’or pour les relations israélo-américaines et les chances d’établir un état palestinien deviennent nulles.

En Israël, beaucoup de politiciens s’attendent à ce que Trump déplace l’Ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Le ministre de l’Éducation nationale israélien Naftali Bennett dit que durant la présidence de Trump il y a une chance pour Israël de”se rétracter de la promesse d’un état palestinien.” En fait, la victoire de Trump, les répercussions négatives du prétendu printemps arabe et le chaos qui s’en est suivi dans le Moyen-Orient ont contribué à élargir les nuages de doute persistants et ont poussé beaucoup d’observateurs palestiniens à voir une perspective morne pour le processus de paix et la cause palestinienne en général.

Ces observateurs ont raison d’être pessimistes. Pendant la campagne électorale, Trump s’est non seulement engagé à déplacer l’ambassade des EU à Jérusalem, mais a aussi loué la plate-forme Républicaine qui revient sur son soutien passé pour une solution à deux États et appelle Jérusalem la capitale “indivisible” d’Israël. Pour Trump et ses collaborateurs, les colonies illégales israéliennes ne sont pas un obstacle pour la paix.

Les principaux piliers de la campagne du Président élu sont des avocats loyaux et des  partisans connus d’Israël et des politiques de Netanyahu, comme John Bolton et Rudy Giuliani, des candidats au département d’État, sans parler de Newt Gingrich et Michael Pence. Inutile de le dire, Trump a été élu comme représentant d’un Parti qui jouit de la majorité au Congrès et au Sénat. Autrement dit, les politiques de l’administration Trump recevront le support des deux institutions législatives.

Malgré ces indicateurs qui ont mené au pessimisme Palestinien, je pense qu’il est en effet trop tôt pour juger des conséquences de l’élection de Trump et si cette élection mènera à un désastre pour la cause palestinienne et ceci pour plusieurs raisons.

D’abord, les déclarations officielles israéliennes portent beaucoup d’exagération particulièrement en ce qui concerne les possibilités d’établir un état palestinien. Ces déclarations ne sont rien d’autre qu’une manipulation psychologique qui a pour but de mettre plus de pression sur le Président élu pour accomplir ses promesses préélectorales. Cette campagne psychologique vise aussi le président palestinien dans le but d’affaiblir son front modéré qui a embarrassé Israël internationalement. Cela étant dit, je ne me serais pas attendu à des déclarations israéliennes différentes si Hilary Clinton avait été élue.

Deuxièmement, les chances d’établir un état palestinien ne dépendent pas seulement et exclusivement du président des EU, mais sont plutôt basées sur des données plus profondes; dont la dimension palestinienne elle-même; les conditions internes comme l’unité et la persévérance à côté des pratiques israéliennes systématiques visant à mettre fin à la présence palestinienne sur le terrain.

Il dépend aussi de la résistance du Palestinien et de sa capacité à faire face aux revirements internationaux et à la polarisation régionale. Il dépend de même de la volonté internationale  de mettre fin à ce conflit et ce moment à mon avis, n’est pas encore venu. Cela revient aussi à l’empressement d’Israël d’accepter un compromis et de vouloir la paix maintenant avec les futures menaces imprévisibles dans une région d’une telle turbulence.

Troisièmement, il est vrai que les États-Unis ont le rôle le plus influent dans le processus de paix, mais l’habitude est une seconde nature. La politique étrangère américaine ne dépend pas de qui est président, ni soumise aux changements radicaux. Les présidents américains ont d’habitude une petite marge qui leur permet de bouger légèrement des grandes lignes connues et convenues de politique étrangère et dessinées à l’avance. Cette marge (bien sûr minime) peut différer si le président est un Républicain ou un Démocrate.

Bien que Trump jouit de la majorité au Congrès Républicain et au Sénat, deux faits ne devraient pas être négligés: d’abord Trump lui-même ne fait pas partie de l’élite Républicaine, ni de sa structure politique. Jusque récemment, ses déclarations et positions ont réveillé l’insatisfaction et l’inquiétude de beaucoup de Républicains traditionnels. La seconde est l’importance du rôle de l’état profond à l’origine des grandes lignes mentionnées ci-dessus concernant la politique américaine.

À cet instant, nous pouvons dire que le défi le plus critique serait la capacité de Trump de manoeuvrer et de prendre ses distances de la politique étrangère américaine traditionnelle et des grandes lignes. S’il réussit, ceci constituerait un cas sans précédent dans l’histoire de prise de décisions américaine.

Tout changement des grandes lignes de la politique étrangère traditionnelle américaine sera évident non seulement sur le conflit israélo-palestinien, mais aussi sur le Moyen-Orient tout entier. Si ceci arrivait, cela mènera à une période d’incertitude dans les questions internationales. Autrement dit, ce changement atteindrait d’autres régions et aurait finalement un impact sur le réseau de relations internationales américain tout entier. À ce moment-là, les relations américaines avec ses alliés traditionnels et ses amis seront affectées et le circuit entier de relations internationales peut être témoin d’une révolution.

Peut-être que la question que tout le monde se pose serait: Trump peut-il passer de la parole aux actes ? Autrement dit, Donald Trump peut-il déplacer l’ambassade des EU de Tel Aviv à Jérusalem ? Beaucoup de présidents américains ont dit qu’ils le feraient pendant leurs campagnes, mais une fois entrés en fonction ils se rendent compte qu’une telle décision contredit les grandes lignes de la politique étrangère traditionnelle américaine. Si Trump le fait, ceci constituerait un tournant fondamental et un signe significatif d’une déviation sans précédent de la politique étrangère américaine traditionnelle.

Des indications préliminaires montrent que la realpolitik se manifestera et que Trump ne déviera pas loin des axiomes connus de la politique étrangère américaine. Sa déclaration récente selon laquelle il travaillera pour atteindre un accord de paix entre les Palestiniens et les Israéliens confirme qu’il a déjà commencé à lire la brochure de la Maison Blanche consacrée aux nouveaux présidents.

En un mot, le pragmatisme affirme ses droits. Tandis qu’il peut être tôt pour juger,il est crucial d’admettre qu’un état palestinien fait partie intégrante de la solution à deux États internationalement reconnue: l’état d’Israël et l’état de Palestine. Tout président américain qui désire voir un Moyen-Orient plus stable doit travailler à rendre cette solution réalisable. Ne pas tenir compte des demandes réalistes de l’une ou l’autre des parties mènerait à plus de dégradation de cette solution et donnerait finalement le dernier coup à un Processus de paix déjà affaibli au Moyen-Orient.

Fadi ELHUSSEINI

Traduction‏ par Assia al-Akhras

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