ISIS, L’IRAK ET LA GUERRE SYRIENNE: LA REPONSE

upa-admin 23 Mayıs 2017 915 Okunma 0
ISIS, L’IRAK ET LA GUERRE SYRIENNE: LA REPONSE

Quand les éléments empêtrés rendent difficile d’obtenir des analyses saines, la théorie du complot semble un bon outil pour expliquer l’inexpliquable. Ceci s’applique parfaitement à la situation au Moyen-Orient. Beaucoup d’observateurs résistent à cette approche, bien que chaque développement régional montre les marques claires d’un rôle crucial des puissances étrangères (sur le plan international ou régional), non seulement pour ce qui a actuellement lieu, mais aussi pour la débâcle qui a éclaté dans la région pendant des décennies et même des siècles. De tels indicateurs mènent à une  forte impression que des changements spectaculaires pourraient avoir lieu très prochainement.

Tout d’abord, l’unité des Arabes ne peut être sans importance pour les pouvoirs étrangers qui ont des intérêts dans la région. Si les Arabes sont unis, ils constitueraient un pouvoir qui ne laissera pas les autres l’utiliser ou avoir des rêves impérialistes dans une telle région geo-stratégiquement si importante. Le récent rôle iranien croissant en Irak, en Syrie et au Liban est l’exemple le plus significatif de la façon dont la division, les scénarios d’états en échec et de gouvernements faibles ne serait en fait qu’une opportunité pour d’autres pouvoirs de se faufiler, s’initier et ensuite dominer.

Cette hypothèse n’est pas limitée à la vieille définition des pouvoirs sous forme d’états, mais inclut aussi ces nouveaux acteurs transfrontaliers comme les groupes terroristes. Cela dit, il ne devrait être surprenant pour personne de voir qu’Al Qaeda – et ensuite l’ISIS – apparaissent  et prospèrent en Irak, après le chaos qui a résulté de l’occupation des EU pour l’Irak. Le même concept de chaos et scénario d’état en échec s’applique en Afghanistan, en Syrie, en Libye et au Yémen.

L’histoire peut être un point de départ pour expliquer comment des puissances majeures ont intervenu dans cette région pour garantir ce qu’elles voient comme – un intérêt stratégique-. Les exemples sont nombreux, mais peut-être que l’accord Sykes-Picot fut le cas le plus évident lorsque des puissances majeures ont consenti à diviser le monde arabe en plus de 20 états. Il est vrai que les Arabes n’ont jamais vécu dans un seul état, mais ils ont vécu dans de grandes régions particulièrement  connectées  comme le Levant (consistant en ce qu’on connaît maintenant comme la Palestine, le Liban, la Syrie, la Jordanie) et le royaume de l’Égypte et du Soudan (divisé en deux états).

L’intervention étrangère et la fragmentation des Arabes ont pris une mesure plus accrue avec l’occupation américaine de l’Irak. Cette occupation en fait n’a pas seulement signifié la chute d’un Etat, d’un président ou d’une dictature, ou même la fin du nationalisme arabe dont Saddam Hussein était l’un des derniers leaders arabes à embrasser la doctrine. Cela a signifié un tremblement de terre au sein de l’ordre régional entier et une transformation radicale de l’équilibre des forces au Moyen-Orient en général.

Cela étant dit, l’écroulement du régime de Saddam signifiait immédiatement que ce pays (l’Irak) deviendrait une proie et tomberait immédiatement dans les bras de l’Iran. Cette chute remuerait aussi la lutte sectaire (entre la majorité de Chi’ites qui ont vécu pendant des décennies sous la domination d’un dirigeant Sunnite et la minorité de Sunnites qui ont été favorisés sous le Ba’aths et le pouvoir de Saddam) et encouragerait les tendances séparatistes des Kurdes. Ces répercussions auraient-elles étés absentes quand les EU ont décidé d’occuper l’Irak et de le quitter ensuite sans aucune disposition qui empêcherai une telle fin ?

Mettant l’histoire de côté, ces développements nous mènent à l’apparition (ou la fabrication si nous voulons appeler un chat un chat) d’un nouvel acteur régional connu sous le nom d’ISIS. Le prétendu ISIS représente une combinaison bizarre et un tissu unique d’une orientation extrêmement radicale qui se proclame de l’Islam Sunnite. Il est intéressant dans ce contexte de rappeler que l’ISIS n’a jamais existé avant l’occupation des EU pour l’Irak et ses racines remontent à  Al Qaeda d’Abu Musab Al-Zarqawi, en 2004. En réponse à l’abîme de défiance entre les  diverses sectes et le danger immense que ce groupe a posé, les autres sectes sont devenues plus inquiètes pour leur sécurité et exerçaient de temps en temps des représailles. En conséquence, le rôle de milices sectaires a augmenté et pour ajouter l’insulte à la blessure les tendances séparatistes des Kurdes irakiens se trouvaient justifiées plus que n’importe quel temps auparavant. Les appels des Kurdes irakiens à l’indépendance  ont résonné dans d’autres pays et ont encouragé des Kurdes en Syrie et en Turquie à suivre leur exemple tandis qu’il ne sera pas surprenant de voir une fin semblable avec les Kurdes en Iran, tôt ou tard.

Apparemment et comme durant l’ère Sykes-Picot, les superpuissances ont constaté peut-être que la re-fragmentation et le re-division de la région serviraient beaucoup mieux leurs intérêts stratégiques. L’élément Kurde est un élément critique dans l’équation régionale du Moyen-Orient, car toutes tendance séparatiste des Kurdes dans un pays mènerait finalement à des tendances semblables dans les quatre autres pays majeurs du Moyen-Orient : l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie. Dans une action étonnante, l’administration US a noué un nouveau partenariat avec un certain nombre de groupes Kurdes syriens, mettant sa relation stratégique avec la Turquie en péril.

Dans un entretien  avec le journal AlSharq AlWasat, Walid Faris, qui a servi comme conseiller d’affaires pour le Moyen-Orient durant la campagne du Président Donald Trump, a déclaré que le régime syrien reconnaît entièrement le fait que l’administration du président Trump ne permettrait pas au régime de se déplacer vers l’est de la Syrie, ni vers AlHasaka, ni vers les zones de combat contre l’ISIS. Ceci – selon Faris – explique pourquoi les EU ont expédié des unités de Marines supplémentaires au Nord-Est de la syrie. Autrement dit, Washington languit de devenir la colonne vertébrale des forces qui avanceront et libéreront l’enveloppe contrôlée par l’ISIS, c’est à dire les zones que Washington ne permettrait pas au régime d’en reprendre le contrôle.

Des mouvements sur le terrain  mènent à une conclusion semblable. En fait, avec la présence croissante des grandes puissances dans le conflit syrien, les développements montrent que le rôle de beaucoup d’autres acteurs (des guérillas comme le Hezbollah ou l’ISIS et AlNusra ou des Etats comme l’Iran et la Turquie) prendra fin. Autrement dit, de telles transformations (particulièrement le rôle croissant des forces russes ) peut conduire à la fin de la présence iranienne en Syrie et le départ des autres guérillas semble être éminent au moins dans les zones contrôlées par le régime syrien. Le déploiement des forces russes près de la frontière libanaise est un signe que le rôle du Hezbollah se termine, principalement après la réalisation d’un changement  démographique et la consolidation d’une certaine structure sectaire dans les régions diverses.

De façon similaire, la présence remarquable des EU et les nombres croissants des forces de marins américains fait écho à des scénarios parallèles dans des zones contrôlées par les Sunnites (actuellement occupé par l’ISIS) ou les Kurdes. Ici, il apparaît comme si un accord implicite entre les deux puissances majeures a été conclu divisant la Syrie en sphères d’influence basée sur des paramètres sectaires ou ethniques.

Sachant que la Syrie est un domaine russe exclusif, le rôle significatif et les intérêts de l’Iran n’étaient pas toujours bien perçus à Moscou. Ainsi et après la reconnaissance de l’influence américaine au nord de la Syrie, la division de cette dernière entre Moscou et Washington et l’élimination du rôle d’autres acteurs semble représenter une situation gagnant-gagnant tant pour les Américains que pour les russes. Loin de n’importe quel malentendu issu de ce résultat, depuis l’éruption des  révoltes arabes en 2010, la Syrie et Assad lui-même ne constituaient pas la carte unique pour la Russie au Moyen-Orient. Moscou a plutôt développé des relations stratégiques et forgé des intérêts plus larges avec plusieurs autres pays du Moyen-orient, y compris Israël, l’Égypte et même la Turquie. D’autre part, il est évident que la nouvelle administration américaine a développé une vision plus claire, concernant ce qui peut être fait en syrie comparée à celle de l’administration Obama.

Dans ce contexte, docteur Faris affirme que malgré les querelles politiques, la rencontre entre le Président Trump et le Président russe Vladimir Poutine peut avoir lieu bientôt. Leur entente publiquement convenue en Syrie passe par une porte : le retrait de toutes les forces armées étrangères et guérillas; à savoir le Hezbollah, les milices irakiennes, Al-Basdaran, Al Qaeda, ISIS, AlNusra et tous ceux qui sont arrivés en Syrie avec l’aide du régime iranien. Faris ajoute que Washington et ses alliés de L’OTAN d’une part et la Russie et ses alliés internationaux comme la Chine d’autre part peuvent se satisfaire de cette solution.

Toutes ces parties  acceptent, aussi, que la première étape qui peut mener à une solution en Syrie commence par l’abolition de l’ISIS. Après sa disparition , une autorité Sunnite arabe modérée doit assumer le pouvoir dans les zones contrôlées par l’ISIS.

La logique derrière ce pas est que si la présence de l’ ISIS est remplacée par le régime syrien – comme ce qui se passe maintenant en Irak – ceci peut être la source d’un problème sectaire futur dans ces zones. Donc, selon Faris, le rôle d’un certain nombre de Pays arabes Sunnites modérés serait important parce qu’il y a un besoin d’une alliance sur le terrain, les EU n’étant pas prêts à déployer des troupes militaires importantes selon la vision de l’administration Trump.

Sur les amas de ce conflit, on pourrait soutenir que la Syrie se dirige vers une division tripartite : une sphère russe d’influence – où le régime syrien et sa secte d'(Alawi) chi’ite dominent; une sphère américaine d’influence – où l’opposition Arabe Sunnite et sa secte prédomine; et une autre sphère américaine d’influence – où non – de Kurdes. Il est inutile de dire, que l’on peut facilement entrevoir une image inversée de l’Irak,  embourbé dans le sectarisme et les pièges ethniques et une horde d’incertitudes et de divisions sont désormais plus claires que jamais auparavant. Ainsi, il ne sera pas étonnant de voir la fin de la guerre syrienne bientôt et de la même façon la disparition d’ISIS, particulièrement après qu’il ait honoré son mandat et le but pour lequel il a été crée : la déformation de l’image de l’Islam et la cimentation d’un sectarisme régional.

Fadi ELHUSSEINI

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